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76ème Journée Régionale de Gérontologie – 24 AVRIL 2007 à LYON (extrait)Télécharger le texte en entier [...] Les tests de mobilité d'équilibre sont intéressants pour évaluer la mobilité mais pas les risques de chutes. Il existe par ailleurs de multiples échelles, modèles qu'on n’utilise jamais car ils sont trop compliqués, ne sont pas utilisables en routine. Leur validité et leur utilité, en littérature, sont très obscures et finalement ils sont peu sensibles et peu spécifiques vis-à-vis de la prédiction des risques de chutes. Nous avons actuellement deux nouvelles technologies à notre disposition nous permettant d’obtenir des données impossibles à détecter à l’oeil nu (on parlera bientôt de la variabilité du pas), données objectives qui sont reproductibles d’un observateur à un autre. Ces dernières années passées, ces technologies vont dans le sens de la miniaturisation des appareils, de la précision dans les mesures, de la facilité d’utilisation et surtout tout ces éléments associés permettent une évaluation beaucoup plus écologique du sujet dans son milieu de vie naturel, surtout quand on parle du mouvement. Pour l'exemple de la marche -de manière caricaturale- on avait, depuis vingt ans, le système VICON qui est un système opto-symétrique constitué de caméras infrarouges extrêmement compliqué. Cela ne se fait qu’en laboratoire, mobilise des techniciens. Par ailleurs, le coût est de 200.000 euros. Il y a environ cinq ans est apparu sur le marché européen un système d’analyse, le tapis électronique de marche, qui est en fait du papier buvard électronique, extrêmement intéressant car respectant l’écologie de la marche du sujet âgé, simple d’utilisation, et d’un coût plus faible (50.000 euros). Enfin, depuis trois ans, nous tentons de développer une technologie beaucoup plus simple, extrapolée de la technologie du tapis électronique, et qui correspond à des semelles SMTEC munies de capteurs de pression. Le coût est beaucoup plus bas (moins de 5000 euros) et surtout c’est un système plus facile d'utilisation. L'idée est de donner un outil extrêmement simple que tout le monde puisse utiliser. La marche est un comportement automatique que l’on peut réaliser sans y penser ; le marqueur de l’automaticité est la régularité du pas qui est, en condition normale, très faible. A titre d’exemple, on a pu démontrer que varier la longueur du pas de deux centimètres d'un pas à l'autre (c'est impossible de voir à l'oeil nu) multiplie le risque de chute par deux. Capter ce phénomène permet donc d’aller identifier un risque de chutes et de comprendre le mécanisme de désorganisation motrice. C’est le paramètre le plus pertinent actuellement dans le cadre de la prédiction de chutes pour la personne âgée. L’analyse spatio-temporelle de la marche est un outil complémentaire de la clinique qui va évaluer le risque de chutes mais aussi les effets d'une thérapeutique. On ne peut la concevoir qu'au sein d'une prise en charge globale, interdisciplinaire. Il est vrai qu’actuellement la limite est qu’il n’y a pas d’exportation de ces techniques à domicile. Ceci dit, avec le développement des semelles SMTEC, on a l'espoir de pouvoir développer des systèmes ambulatoires adaptés à tout le monde et quasiment de proposer, dans un avenir proche, une analyse spatio-temporelle de la marche à tout le monde. » Question : Pourrait-on équiper de la technique présentée les services qui pratiquent des bilans de santé ? Réponse : Oui, nous l’espérons, le plus rapidement possible. J'ai un exemple de cette démarche qui est en cours. Nous travaillons beaucoup avec les centres de santé de la CNAMTS, notamment sur Lyon. Nous avons mis en place tout un système d'évaluation du sujet âgé dans le bilan de santé. Nous espérons pouvoir éventuellement faire acquérir ce système à ces centres d'examen de santé pour permettre, de manière systématique, l’analyse spatiotemporelle de la marche. Pourquoi ? Dans un bilan systématique de santé cette analyse semble intéressante car outre le fait qu’elle permet de prédire la chute sur un sujet apparemment sain, elle pourrait prédire d'autres événements, notamment la démence. Question : Un généraliste peut-il prescrire une analyse spatio-temporelle de la marche ? Réponse : Oui. L’analyse spatio-temporelle est un acte qui peut se coter. Question : Un généraliste, notamment un gériatre, peut-il réaliser une analyse spatio-temporelle de la marche ? Réponse : Oui. Si ce médecin généraliste a une formation avec une capacité gériatrique et s'il s'oriente dans cette thématique, il peut tout à fait revendiquer le fait qu’il est un spécialiste et qu’il peut faire une analyse de la marche. Question : Peut-on participer à des expérimentations ? Réponse : Oui, il suffit d’appeler un centre référent, il n’y a aucun problème. Question : N’y a-t-il pas un risque que les familles se déchargent de leur responsabilité à cause des nouvelles technologies ? Réponse : Clairement non. Comme vous l’avez vu, les gérontologues restent très pragmatiques ; cela a été un point souligné par les deux précédents orateurs. On replace l'individu et l’utilisateur de ces technologies à leur juste place. Ils utilisent une technologie pour améliorer la prise en charge. J. GAUCHER : La notion du milieu naturel qu’Olivier BEAUCHET a précisée dans sa communication est très intéressante avec le développement des nouvelles technologies et la miniaturisation des systèmes. On peut les embarquer au plus près des lieux de vie et des habitudes de vie des personnes. On n'a pas besoin d'aller en laboratoire de manière expérimentale, dans des conditions qui ne sont pas celles du quotidien, pour pouvoir faire ces diagnostics. Une autre chose m’a semblé également extrêmement intéressante dans les deux premières communications : cette notion des bénéfices partagés. On peut parler de « gagnantgagnant » en se disant que finalement les nouvelles technologies ne doivent pas être au bénéfice d'une seule partie du système d'aide ; il faut que ce soit un bénéfice totalement partagé.[...] |